Pourquoi est-il si difficile de retourner sur la Lune aujourd’hui ?

Les principales raisons du blocage actuel

La technologie de l’époque a été abandonnée

À la fin du programme Apollo, les fusées Saturn V, capables d’envoyer des humains sur la Lune, ont été retirées du service. Les plans détaillés ont été archivés, parfois perdus, et les ingénieurs de l’époque ont pris leur retraite. Résultat : on ne peut pas simplement reproduire les missions Apollo. Il faut tout reconstruire, avec des exigences modernes.

Un défi plus complexe qu’en 1969

Les objectifs d’aujourd’hui vont bien au-delà d’un simple aller-retour lunaire. Il s’agit de s’installer durablement sur la Lune, de tester des technologies pour Mars, voire d’y construire une base habitée. Ces ambitions exigent des systèmes plus robustes, réutilisables et fiables, conformes aux normes de sécurité actuelles. Ce niveau de complexité rend le projet bien plus difficile et coûteux qu’en 1969.

Des budgets fluctuants et une volonté politique instable

Dans les années 60, la course à la Lune était une priorité stratégique. Aujourd’hui, les budgets spatiaux dépendent des alternances politiques, des crises économiques et de la concurrence d’autres priorités (climat, santé, défense…). L’exploration lunaire n’est plus un enjeu immédiat. Cette instabilité rend la planification difficile et fragilise les projets à long terme.

Pourquoi avons-nous arrêté d’aller sur la Lune après Apollo ?

Le programme Apollo : un exploit ponctuel

Apollo a été une réponse directe à la concurrence avec l’URSS. Une fois l’objectif atteint en 1969, l’intérêt stratégique a rapidement chuté. Il ne s’agissait pas d’un projet de colonisation, mais d’un exploit technologique et symbolique, sans volonté de continuité.

Une logique de conquête, pas de continuité

Chaque mission Apollo était coûteuse, risquée et conçue pour un usage unique. Rien n’avait été pensé pour une exploitation régulière de la Lune. Après Apollo 17 en 1972, les États-Unis ont abandonné le programme lunaire, faute de vision long terme et de justification politique.

Un retour sur investissement jugé insuffisant

Les retombées scientifiques ont été réelles, mais jugées discrètes face aux dépenses colossales. À l’époque, le public voulait du spectaculaire. Or, la science lunaire est lente, technique et peu médiatisée. Cela a fini par désengager les politiques et freiner tout nouveau programme.

En quoi le programme Artemis change-t-il la donne ?

Objectifs du programme Artemis

Le programme Artemis, mené par la NASA, a pour but de ramener des humains sur la Lune, mais aussi d’y rester. L’ambition est d’envoyer la première femme et le premier astronaute non américain sur le sol lunaire. Il s’inscrit dans une vision plus durable, en lien avec la future station Gateway, en orbite autour de la Lune.

Ce que prévoit Artemis pour 2026-2027

  • Artemis I (2022) : mission non habitée autour de la Lune → réussie.
  • Artemis II (prévue en 2025) : mission habitée en orbite lunaire.
  • Artemis III (2026 ou 2027) : alunissage habité sur le pôle Sud lunaire.

Chaque mission prépare la suivante. Le calendrier est ambitieux, mais encore fragile.

Visuel représentant des astronautes sur la Lune
Vue d’artiste montrant une base lunaire. Source : ESA – P. Carril

À quand le prochain pas sur la Lune ?

Planning prévisionnel du programme Artemis

La NASA prévoit un atterrissage habité via Artemis III d’ici 2026 ou 2027. Le site retenu, le pôle Sud lunaire, présente un intérêt stratégique : il pourrait contenir des réserves d’eau gelée, utiles pour produire oxygène et carburant, ouvrant la voie à une présence durable.

Défis à surmonter avant la mission habitée

La réussite d’Artemis II est un prérequis. Il faudra aussi valider :

  • le véhicule d’alunissage (fourni par SpaceX),
  • la station Gateway (en construction),
  • les nouvelles combinaisons spatiales.
    Chaque composant est indispensable. Tout retard sur l’un d’eux peut bloquer la mission entière.

Pourquoi la date de 2026 pourrait encore glisser

Les missions spatiales de cette ampleur sont complexes, onéreuses, et sujettes à des reports fréquents. Le moindre incident, une coupure budgétaire ou un problème technique, peut repousser la mission de plusieurs mois, voire années. C’est pourquoi la date reste incertaine.

FAQ – Retour sur la Lune : vos questions fréquentes

Pourquoi n’a-t-on plus la technologie pour aller sur la Lune ?

Parce que cette technologie a été abandonnée. Les systèmes Apollo ne sont plus adaptés aux normes actuelles. Il faut repartir de zéro, avec des outils modernes et sécurisés.

Est-ce que la NASA a vraiment perdu les plans d’Apollo ?

Les documents existent, mais le savoir-faire humain a disparu avec les ingénieurs. Les chaînes de production n’existent plus, et certains détails n’ont jamais été numérisés.

Le programme Artemis est-il réellement crédible ?

Oui, car les avancées techniques sont réelles et les partenaires internationaux engagés. Mais sa réussite dépend d’une stabilité politique et financière, encore incertaine à long terme.

Pourquoi la Lune reste une destination stratégique ?

Elle est un terrain d’entraînement idéal pour Mars, un réservoir potentiel de ressources (eau, hélium-3), et un lieu d’intérêt scientifique, économique et géopolitique majeur.

Combien coûte une mission lunaire aujourd’hui ?

Une mission habitée vers la Lune coûte plusieurs dizaines de milliards de dollars, en incluant la recherche, la logistique, les tests et la sécurité.

Sébastien Derenes
Sébastien Derenes

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